Atlas composite
[1702–1759]
- Dimensions: 53.5 × 33 cm
Référence: 1173
29 500,00 €
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Un fort volume grand in-folio ; cartonnage, dos à nerfs (restes de liens ; reliure usée).
Bel atlas composite réunissant 150 cartes et planches gravées sur cuivre, toutes finement coloriées à l’époque, par Jean-Baptiste Homann (71), Homann Heirs (21), Matthäus Seutter (21), Tobias Conrad Lotter (7), Tobias Mayer (7), Guillaume Delisle (6), Johann Matthias Hase (6), Albrecht Carl Seutter (2), Christian Friedrich von Heyden (2), Georges-Louis Le Rouge (1), Jean-Baptiste Nolin (1), Tobia Majero (1), et Christoph Müller (1).
L’atlas s’ouvre sur une carte céleste en deux hémisphères, richement ornée, suivie de deux mappemondes décoratives à double hémisphère. Viennent ensuite quatre cartes des continents – Europe, Asie, Afrique et Amérique – puis 134 cartes régionales et nationales couvrant l’Espagne et le Portugal (4 cartes), la France (15), les îles Britanniques (5), les Pays-Bas, Luxembourg et Belgique (9), la Suisse (13), l’Italie (13), l’Allemagne et l’Autriche (40), le Danemark et la Scandinavie (6), la Russie, Prusse, Pologne et Hongrie (8), la Turquie, Grèce et pays environnants (4), la Perse (1), la Chine (1), la Kilanie (provinces perses et caucasiennes autour de la mer Caspienne) (1), les Indes orientales et le Japon (3), la Palestine (1), les Amériques et îles d’Amérique (10). La dernière planche présente une table des distances entre les principales villes d’Europe. (Liste sur demande)
La plupart des cartes sont enrichies de grands cartouches allégoriques finement gravés, d’une remarquable qualité décorative, souvent accompagnés de cartes en encart, de plans de villes, de vues panoramiques (dont Londres et Saint-Pétersbourg), d’armoiries ainsi que de scènes pastorales ou maritimes animées.
L’ouvrage comprend en outre six grandes planches à double page consacrées à Venise (plan et vue panoramique), Naples (cinq plans et vues), Carlsbad (cinq vues), Breslau (grand plan de ville), Erfurt (plan et vue) et aux villes de Perse, avec quinze vues gravées d’Astrakhan, Erzurum, Bakou, Ispahan, Kashan, Chamakhi, Kars, Tiflis et d’autres cités.
Les cartes portent des titres en latin, souvent accompagnés de titres en français, allemand, espagnol ou anglais. Seules trente-neuf d’entre elles sont datées.
Un index manuscrit contemporain, relié en tête du volume, recense 148 cartes. Deux cartes supplémentaires furent insérées par un propriétaire postérieur : une carte de la Suisse (entre les planches 37 et 38) et une carte de l’Allemagne par Carlet de La Rozière (entre les planches 100 et 101).
La dynastie Homann, fondée par Jean Baptiste Homann (1664-1724) puis poursuivie par son fils Jean Christophe Homann (1703-1730), domina la production cartographique allemande depuis le début du XVIIIᵉ siècle jusqu’au commencement du XIXᵉ. Géographe, graveur et cartographe, Johann Baptist Homann établit sa maison d’édition à Nuremberg en 1702, après avoir travaillé pour Jacob van Sandrart et David Funck. Mettant fin à la suprématie de la cartographie hollandaise, il publia en 1707 son premier Atlas Novus Terrarum, qui lui valut une renommée immédiate comme principal cartographe allemand de son temps.
Membre de l’Académie des sciences de Berlin, Homann fut nommé Géographe impérial de l’empereur Charles VI en 1715. Outre une importante série de cartes et de plans des États allemands, il publia le Neuer Atlas en 1714 et posa les fondements du célèbre Atlas Major, achevé par ses successeurs.
Après sa mort, en 1724, la maison poursuivit son activité sous la raison Homann Heirs (Héritiers Homann), demeurée active pendant près d’un siècle. Elle continua à publier de nouvelles cartes et mena à bien l’imposant Atlas Major, comprenant plus de deux cents cartes.
Les atlas composites produits par la maison Homann étaient fréquemment assemblés sur commande pour des collectionneurs particuliers ; chacun recevait un titre manuscrit et une table des matières adaptés aux intérêts spécifiques de son commanditaire.
Comme l’écrivait R. V. Tooley, Jean Baptiste Homann fut « le plus important et le plus prolifique cartographe de l’Allemagne du XVIIIᵉ siècle ». Son établissement demeura l’une des principales maisons cartographiques européennes durant tout le XVIIIᵉ siècle, d’abord sous la direction de Jean Christophe Homann, puis sous celle des Héritiers Homann.
Toutes les planches sont numérotées à l’encre brune au recto comme au verso et montées sur onglets.
Quelques défauts mineurs sont à signaler : rousseurs et taches éparses, courtes déchirures occasionnelles au pli central de quelques planches, légère mouillure marginale aux premiers feuillets, une carte uniformément brunie et quelques infimes déchirures marginales.
















