LESCARBOT, Marc 

Histoire de la Nouvelle-France. Contenant les navigations, découvertes, & habitations faites par les François és Indes Occidentales & Nouvelle-France par commission de noz Roys Très-Chrétiens, & les diverses fortunes d'iceux en l'exécution de ces choses depuis cent ans jusqu'à hui. En quoi est comprise l'histoire morale, naturele, & géographique des provinces cy décrites : avec les Tables & Figures nécessaires… [relié avec] Les muses de la Nouvelle France

A Paris, chez Adrian Perier, 1618

  • Dimensions: 17,3 x 11 cm

Référence: 1158

125 000,00 

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Description

Deux parties en un fort volume in-8 de 55, [1], 970 (i.e. 925) pp., 1 f. errata ; 76 pp.

Sign. a-e-i 8, o 4 ; A-Z 8, Aa-Zz 8, Aaa-Mmm 8 ; A-D 8, E 6 (sur 8 ; sans les 2 derniers f. blancs).

Plein maroquin rouge du XIXe, dos à 5 nerfs orné de caissons à motifs dorés, titre, lieu d’édition et date en lettres dorées au dos, triple filet doré en encadrement des plats, double filet doré sur les coupes, roulettes intérieures dorées (reliure de Thibaron)

Troisième édition, la dernière revue par l’auteur, de la première histoire publiée des colonies françaises en Amérique.

Édition importante et rare de ce texte fondamental pour l’histoire des premières entreprises coloniales françaises en Amérique du Nord. Publiée pour la première fois en 1609, au lendemain de la fondation de Québec sous le règne de Henri IV, l’Histoire de la Nouvelle-France de Marc Lescarbot s’impose comme l’une des premières synthèses d’ensemble consacrées aux tentatives d’implantation française dans le Nouveau Monde.

Avocat protestant au Parlement de Paris et proche de Samuel de Champlain, Marc Lescarbot accompagna en 1606 l’expédition de Jean de Biencourt de Poutrincourt et séjourna plus d’une année à Port-Royal. Cette expérience personnelle confère à son récit une autorité singulière : il ne rapporte pas seulement l’histoire des découvertes, mais celle d’une colonie dont il fut lui-même l’un des témoins privilégiés.

Son récit puise dans cette expérience directe autant que dans une documentation étendue, offrant un témoignage de premier ordre sur les débuts de la présence française en Amérique. Il y retrace l’histoire des découvertes et des tentatives d’implantation françaises, depuis les voyages de Jacques Cartier au Canada jusqu’aux entreprises du Brésil de Nicolas Durand de Villegagnon et aux colonies huguenotes de Floride fondées par Jean Ribaut et René Goulaine de Laudonnière.

L’œuvre se distingue également par l’attention portée aux sociétés autochtones, dont il propose une description des mœurs et des modes de vie, rare à cette date. Refusant les polémiques confessionnelles qui avaient marqué les récits des échecs français au Brésil et en Floride, il inscrit désormais l’expansion coloniale dans l’idéal de réconciliation nationale incarné par Henri IV, faisant de la Nouvelle-France l’expression d’une monarchie pacifiée et tournée vers l’avenir.

Les Muses de la Nouvelle France, un recueil poétique célébrant Port-Royal et les premiers succès français en Acadie est relié à la suite. Composé et représenté à Port-Royal en 1606 pour célébrer le retour de Samuel de Champlain et de Jean de Biencourt de Poutrincourt partis en exploration, ce divertissement est généralement considéré comme la première pièce de théâtre jouée en Amérique du Nord.

L’illustration comprend 4 planches dépliantes :

  • Figure et description de la terre reconue et habitée par les François en la Floride et audeça… (Burden 163)

Cette carte consacrée à la tentative coloniale française dans ce qui est aujourd’hui le sud des États-Unis était absente de la première édition de l’Histoire de la Nouvelle-France parue en 1609. Elle apparaît à partir de l’édition de 1612. Ces voyages furent commandés par Jean Ribaut et René Laudonière entre 1562 et 1565.

Largement inspirée de la carte murale de Cornelis Claesz America Tabula Nova Multis publiée vers 1602, elle intègre des améliorations dans la position des côtes, tout en conservant certaines erreurs, comme la localisation de la Caroline ou de Charlefort. Elle mentionne aussi des ressources supposées, notamment des métaux précieux, avec la Montagne de Palassi qui est décrite comme recelant de l’or, de l’argent et du cuivre.

  • Figure du port de Ganabara au Brésil, avec le nord à droite de la carte.

 

  • Figure de la Terre Neuve, grande riviere de Canada, et côtes de l’océan en la Nouvelle France (Burden 157, état 2)

Cette carte, qui représente le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Hochelaga (actuel Montréal) reflète les débuts de la présence française dans le Nouveau Monde. Il s’agit de la première carte détaillée consacrée au Canada et la plus précise de son époque, antérieure de trois ans à celles de Samuel de Champlain. Elle est ici en 2e état (avec « I. de Sable écrit verticalement, et l’île déplacée vers le sud-est).

Des sites clés sont représentés, comme Tadousac, premier comptoir commercial du Canada fondé en1600, ou encore Kebec (Québec), qui apparaît ici pour la première fois sur une carte imprimée. Elle indique également les premières explorations et installations menées par Pierre du Gua de Monts et Champlain, avec notamment Sainte-Croix puis Port-Royal.

 

  • Figure du Port Royal en la Nouvelle France.1609 (Burden 158, état 1)

La carte représente le bassin de Port-Royal (aujourd’hui Annapolis Royal), avec les bâtiments, fortifications et le moulin construit en 1607. Découvert en 1604 par Samuel de Champlain et Pierre du Gua de Monts, la colonie ne s’y installa définitivement qu’en 1605 après l’abandon de Sainte-Croix. Arrivé en 1606, Marc Lescarbot joua un rôle important dans la colonie et en assura temporairement la direction. La colonie fut abandonnée en 1607 après la perte des privilèges de du Gua de Monts.

 

Church : « The best edition of Lescarbot’s great work. » « It is the best and only complete edition of Lescarbot’s most important work, containing many more pages than the others, and bringing the narrative down to the time it was published. It received the last touches of Lescarbot’s hand, and may therfore be considered the most desirable of them all. It differs in arrangement from the previous editions, and contains in addition an account of the second voyage of Poutrincourt. Lescarbot differs from him, however, in his dispute with the Jesuits, and takes sides with the latter. Les Muses, bound in at the end, is dated 1618. »

Cette troisième édition, la plus complète, constitue un témoignage majeur, à la fois historique et littéraire, sur les premières ambitions françaises en Amérique.

 

Qq restaurations habiles, qq coins habilement restaurés, infime accroc au papier p.303, infime déchirure  p.461, petit bout de coin mq p.838.

Des erreurs dans la pagination, sans manque au texte cependant.

 

Church 372-373 ; Bibliotheca Americana V, 4139 ; Harrisse 31 ; JCB II, 127-128 ; Burden 157, 158, 163 ; Sabin 40173-40174

 

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